Réalité ou fiction ?
C’est un fait, je n’aime pas les gens. Du moins, 80% de ceux que je croise chaque jour dans les transports en commun. Et 99% des gosses (aujourd’hui j’ai voyagé avec une gamine d’approximativement 4 ans qui est restée immobile et silencieuse sur son siège de Ecouen à Paris. Elle n’était même pas morte !). A tel point que quand je me retrouve dans un wagon peuplé, vivant, j’ai énormément de mal à faire autre chose qu’à m’enfermer dans une bulle de son, quitte parfois à ce que ça dérange les gens qui m’entourent (et pourtant, je déteste ça).
Par contre, une fois passé 22h, mon point de vue change radicalement. Je passe de l’agoraphobie légère à la paranoïa. Plutôt que de m’enfermer totalement dans ma bulle, je reste perméable à tout évènement « non-habituel» qui pourrait se dérouler. En fait je passe clairement en mode « Otaku qui se prends pour un Supa-Hero» . Concrètement, je me tiens prêt à venir en aide à quiconque en aurait besoin, moi compris. Et dans ces cas, mes délires m’amènent généralement sur des terrains ou dans mon imagination, je poutre cinq mecs en même temps, parcequ’ils sous-estiment ma capacité à manier le bâton les bougres.
En fait, je me souviens de cerains moments de déprime avancée dans lesquels je me trouvais certains vendredis, en sortant du badminton. A peine quitté le gymnase, musique dans les oreilles, je n’avais qu’un souhait. Sur les dix minutes qui me séparaient du retour chez moi, j’aurais voulu plus d’une fois que des gens viennent m’emmerder. Pas une mamie qui demande l’heure hein. Juste un connard qui me parle avec un peu de mépris sous prétexte qu’il est avec ses potes, ou alors des mecs qui m’annoncent clairement qu’ils en veulent à mes biens ou à moi-même. Toute excuse était bonne à prendre pour que je puisse enfin extérioriser tout ce que je n’avais pas pu évacuer pendant les matchs. Je cherchais la bagarre en somme.
N’ayant jamais eu affaire à ce genre de situation finalement, je ne saurai jamais si j’aurai été capable de réagir comme je le souhaitais de toute façon. Aurai-je vraiment été capable de me battre alors que je ne sais pas le faire ? Est-ce que, dans le feu de l’action, je n’aurai pas tout simplement regretté toutes les vilaines pensées que je venais d’avoir, pour partir en courant ?
Toujours est-il que désormais je garde des traces de cet état quand je ne me sens pas en sécurité. Et il est clair que quand je prends le train pour Epinay/Villetaneuse à 23h, je ne me sens pas plus en sécurité que ça…
Alors : bête féroce ou gentil minou ?