Besoins physiques
Dormir. Recharger ses batteries après une journée plus ou moins bien remplie. Dormir d’un sommeil calme ou agité. Dormir encore jusqu’à l’éveil inéluctable.
Mais dormir.
Bouger. Sortir de son lit pour faire quelque chose de constructif, ou pas.
Mais bouger vite.
Exploser. De quelques manière que ce soit. Violence réflexe ou violence maîtrisée. Ballet sanguinaire ou fougue légère. Se rabaisser à ses instincts les plus sauvages et cesser toute forme de réflexion, ou chercher l’accomplissement et la fatigue au travers de l’exécution d’arabesques précises et épuisantes, voltant et virvoltant de haut en bas, d’avant en arrière. Hurler sa rage ou se ruer en silence, transformant sa haine en énergie pour aller toujours plus loin.
Mais exploser en puissance.
Se nettoyer. Jet d’eau fraiche ou tiède. Glaciale ou brûlante. Besoin de se débarasser de sa coque de crasse, physique et spirituelle, par les bienfaits de l’eau. Y passer des minutes ou des heures, yeux fermés. A mains nues ou au gant de crin.
Mais se nettoyer en profondeur.
Faire l’amour. Avec bestialité, avec tendresse. Caresser la texture d’une peau douce sous ses doigts, ou empoigner fermement une poitrine ronde et bien formée. Marquer la chair tendre d’une gorge par une morsure, ou la couvrir de baisers légers. Explorer chaque coins et recoins du corps du bout de la langue, ou forcer directement le passage au coeur de l’intimité. Courir droit vers l’extase brute, ou partager doucement un souffle brûlant jusqu’à l’accomplissement.
Mais faire l’amour, immédiatement.
Hurler de bonheur, de terreur, de rage, de plaisir, de désespoir, de rire…
Puis dormir à nouveau.
Avec toute la bonne volonté du monde, on ne peux resister indéfiniment à ses pulsions. Nous reste au moins le choix de notre mode d’expression. Gardons ça en tête.
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Et la bouffe dans tout ça ? J’en connais qui tueraient pour un bon repas. Et quant à la temporalité, les besoins sont strictement réduits à leurs expression momentanée. Plus que le choix, ce qu’il nous reste, c’est la conscience. Les choix sont arbitraires largement tributaires de contraintes extérieures. La conscience se surimpose au choix pour l’assumer pleinement dans une subjectivité retrouvée.
Enfin, il me semble.