Sans visage ?
Il y a pas mal de raisons qui me poussent à écrire ceci.
La première est assez anecdotique en fin de compte…
Je suis assez fatigué en ce moment, suite à une semaine de congé absolument pas reposante et une pseudo-insomnie. C’est donc somnolent que je me suis levé de ma place de métro, pour me préparer à sortir à ma station. Restant debout entre les deux banquettes, j’ai alors cherché à me regarder dans le reflet de la vitre d’en face. Au dessus de mon imperméable je n’ai vu que… rien. Un trou vide. Plus de tête. Passé quelques secondes d’étonnement, j’ai fini par me rendre compte que la fenêtre était ouverte et que les tunnels du métro, ça ne reflète que dalle…
Un peu plus tard, dans le bus, j’ai de nouveau fini par me focaliser sur la vitre qui se trouvais en face de moi. Rebelote, mais à cause d’un énorme flou sur la vitre ce coup-ci. Un mec qui y a appuyé sa tête pleine de gel probablement… J’ai encore mis quelques secondes à comprendre. Cela-dit, la sensation est encore plus dérangeante, puisque seul mon visage était masqué. Limite perturbant.
Ca c’était les raisons anecdotiques.
La suite, c’est un bout important de ma vie. Un virage clé. Les premières (?) briques qui m’ont permis de construire ma personnalité actuelle.
Je ne m’étendrai pas trop sur le sujet, mais disons que durant les vacances d’été entre la fin de ma 3e et mon entrée en 2nde, j’ai vécu un évènement particulier qui m’a fait me remettre en cause de façon assez sévère. En a résulté la construction d’un masque, d’une identité complètement fictive, d’un autre moi. Je n’avais pas encore de réputation au lycée et donc j’ai décidé de tout reprendre à zéro. Archonium était né, sans trop que je m’en rende compte. Puis petit à petit, à force de porter le masque chaque jour, j’ai fini par avoir de plus en plus de mal à l’enlever. Quelque part, ça m’a effrayé quand j’en ai pris conscience. Et puis je me suis dis que je me sentais tout aussi bien comme ça et que je ne voulais pas redevenir comme avant.
Puis à nouveau peu après les vacances d’été, un nouvel évènement a fixé le masque. Définitivement. Je me suis muré derrière en pensant pouvoir me protéger plus facilement. Je me suis monté une armure finalement si solide qu’avec du recul, je pense que je n’existais plus réellement. Je vivais comme une marionnette, dirigée malgré moi par le regard des autres. Adaptation, désadaptation. C’était parti pour durer.
Enfin je croyais.
Troisième virage, merci de bien vouloir prendre un ticket pour aller plus loin.
L’armure a sauté, le masque s’est brisé et je me suis retrouvé. Le choc est assez rude en vérité. Ceci-dit j’ai recomposé mon costume tout doucement, en ayant parfaitement conscience cette fois-ci de ce que je faisais. En dosant le plus justement possible la composition d’un mur filtrant, mais perméable. Aujourd’hui, j’en viens à me demander qui je suis réellement. Quelle est la part de vérité dans ce rôle que je joue au quotidien ?
Les visages changent, évoluent constamment. Il m’effraie en fait, de penser que je ne montre jamais un facade honnête aux gens avec qui j’interagis. Même en sachant faire de mon mieux pour être parfaitement honnête avec eux (à défaut de l’être avec moi-même), seul peu de gens savent qui j’ai été, qui je suis réellement et ce que je peux devenir.










