23
déc
2009
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Les deux champs du fermier

« Ecoute, l’ami, l’histoire que je m’en vais te conter. Elle se déroule dans la trame du temps, sans cesse, sans relâche. Point ne pourrait interrompre sa course folle sans l’avoir dispensée de par les terres peuplées. Et point ne trouverai le repos avant d’en avoir vu la toute fin.

Par delà les montagnes, dans une lande perdue et ignorée de tous, se trouvait un village. Ses habitants avaient la particularité de cultiver les pensées et les sentiments, dont les champs s’étendaient à perte de vue. Il se trouve qu’il s’agissait là également de leur seul moyen de subsistance. Aussi, chacun subvenait-il à ses besoins, partageant le trop plein à loisir avec son entourage.
Or donc, dans ce village, vivait un jeune garçon possédant deux beaux champs. Étant mauvais gestionnaire et fort peu travailleur, il partageait trop ou trop peu. Ne voulant subir le labeur d’y faire attention, ne serait-ce qu’un peu, il dispensait à foison ses rires et ses boutades, gardant pour lui ses haines et ses regrets.

« Qu’importe aux autres mes malheurs ! répétait-il en riant à qui voulait l’entendre. Je ne veux voir que des sourires, pas des pleurs ! Et si pour autant vous m’offrez vos malheurs, alors je vous offrirai du réconfort en retour. Libre à vous nobles gens, mais je tiens à mon libre arbitre.» 

Ainsi, autour du jeune garçon se répandait joie et bonne humeur, tant et si bien qu’un beau jour, une jeune fille vint le trouver. Malgré son manque de confiance apparent, elle resplendissait d’une beauté silencieuse, terrée au fond d’elle même et pourtant tellement présente à la fois. D’une telle intensité que le garçon, à sa vue, se précipita à ses pieds et l’implora.

« Mon champ est votre, déclara-t-il. Prenez-y mon amour et ma confiance. Puisez-y sans souffrance aucune et n’y replantez que ce que vous désirez car je saurai vous apporter ce dont vous avez le plus besoin» .

Il en fut ainsi. Les deux enfants vécurent un long moment ainsi, cultivant ensemble ce terrain mutuel. Elle lui rendit son amour, et d’autre sentiments tout aussi forts. La confiance revint doucement envahir ses propres champs.
Lâs… les temps heureux ne peuvent être éternels. L’amour s’éteignit un jour dans le champ de la belle enfant, pour naître dans un autre.
Regrets, malheur, remords et rancune vinrent alors envahir l’ancien champ partagé, telle de la mauvaise herbe, ne laissant place à aucune autre. Le jeune garçon se vit alors contraint de tout arracher. Les bons sentiments comme les mauvais.

Il ne lui resta plus qu’un seul champ.

Désormais prudent, le jeune garçon devint un jeune homme et ne dispensa plus ses restes qu’avec parcimonie, conservant pour lui la majeure partie de ses maigres récoltes.
La légende raconte qu’il y a eu depuis lors, d’autre prétendantes, mais qu’il ne pouvait leur en offrir bien plus.
..

-Voilà tout ce que vous aviez à me dire ? Je trouve que votre histoire se finit fort mal messire.
- Que non point. La nouvelle que je d’apporte ne saurait qu’en réjouir plus d’un.
- Qu’en est-il donc ?
- Une nouvelle pousse a émergé du sol mon ami…» 

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments |
11
déc
2009
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D’humeur « pas d’humeur» 

Il y a des jours comme ça…

Une journée composée de trois heures d’anglais et quatre heures de projet informatique : c’est long. C’est une matinée de gâchée et un après-midi contre-productif. C’est une succession d’évènements pourris. C’est une fatigue cumulée depuis trop longtemps pour espérer la rattraper.

Puis de toute façon, je suis trop fatigué pour courir après.

Et pourtant, c’est souvent dans ces moments de fatigue intense, quand le corps seul ne tient plus éveillé, que l’on trouve la ressource d’en rire. De quoi ? De tout. Trop crevé pour stresser, détendu par défaut. La fatigue serait le plus efficace des anti-dépresseur ?

Non. Plutôt des anti-stress. Ca n’empêche en rien de déprimer, au contraire. Ceci-dit ça n’empêche en rien de se marrer non plus, au contraire (bis). En fait, quelqu’un de très fatigué atteindra souvent des états émotionnels que je qualifieraient « d’extrêmes» . Très heureux, très triste, très amoureux, très envie de dormir, très abruti, treize et un font quatorze…

La fatigue finalement, c’est comme l’alcool, mais sans la gueule de bois et l’haleine de chacal (encore que ce deuxième paramètre dépende pas mal du sujet et de l’heure de la journée à laquelle on l’étudie).

En tout cas, c’est crevé que j’écris ce torchon, sans trop savoir ou je veux en venir. Je finis donc mon verre et vous souhaite la bonne fin de soirée, que vous le méritiez ou non.

Ecrit par Archonium dans : Non-sens |
25
nov
2009
1

Sans visage ?

Il y a pas mal de raisons qui me poussent à écrire ceci.

La première est assez anecdotique en fin de compte…
Je suis assez fatigué en ce moment, suite à une semaine de congé absolument pas reposante et une pseudo-insomnie. C’est donc somnolent que je me suis levé de ma place de métro, pour me préparer à sortir à ma station. Restant debout entre les deux banquettes, j’ai alors cherché à me regarder dans le reflet de la vitre d’en face. Au dessus de mon imperméable je n’ai vu que… rien. Un trou vide. Plus de tête. Passé quelques secondes d’étonnement, j’ai fini par me rendre compte que la fenêtre était ouverte et que les tunnels du métro, ça ne reflète que dalle…

Un peu plus tard, dans le bus, j’ai de nouveau fini par me focaliser sur la vitre qui se trouvais en face de moi. Rebelote, mais à cause d’un énorme flou sur la vitre ce coup-ci. Un mec qui y a appuyé sa tête pleine de gel probablement… J’ai encore mis quelques secondes à comprendre. Cela-dit, la sensation est encore plus dérangeante, puisque seul mon visage était masqué. Limite perturbant.

Ca c’était les raisons anecdotiques.

La suite, c’est un bout important de ma vie. Un virage clé. Les premières (?) briques qui m’ont permis de construire ma personnalité actuelle.

Je ne m’étendrai pas trop sur le sujet, mais disons que durant les vacances d’été entre la fin de ma 3e et mon entrée en 2nde, j’ai vécu un évènement particulier qui m’a fait me remettre en cause de façon assez sévère. En a résulté la construction d’un masque, d’une identité complètement fictive, d’un autre moi. Je n’avais pas encore de réputation au lycée et donc j’ai décidé de tout reprendre à zéro. Archonium était né, sans trop que je m’en rende compte. Puis petit à petit, à force de porter le masque chaque jour, j’ai fini par avoir de plus en plus de mal à l’enlever. Quelque part, ça m’a effrayé quand j’en ai pris conscience. Et puis je me suis dis que je me sentais tout aussi bien comme ça et que je ne voulais pas redevenir comme avant.

Puis à nouveau peu après les vacances d’été, un nouvel évènement a fixé le masque. Définitivement. Je me suis muré derrière en pensant pouvoir me protéger plus facilement. Je me suis monté une armure finalement si solide qu’avec du recul, je pense que je n’existais plus réellement. Je vivais comme une marionnette, dirigée malgré moi par le regard des autres. Adaptation, désadaptation. C’était parti pour durer.

Enfin je croyais.

Troisième virage, merci de bien vouloir prendre un ticket pour aller plus loin.

L’armure a sauté, le masque s’est brisé et je me suis retrouvé. Le choc est assez rude en vérité. Ceci-dit j’ai recomposé mon costume tout doucement, en ayant parfaitement conscience cette fois-ci de ce que je faisais. En dosant le plus justement possible la composition d’un mur filtrant, mais perméable. Aujourd’hui, j’en viens à me demander qui je suis réellement. Quelle est la part de vérité dans ce rôle que je joue au quotidien ?

Les visages changent, évoluent constamment. Il m’effraie en fait, de penser que je ne montre jamais un facade honnête aux gens avec qui j’interagis. Même en sachant faire de mon mieux pour être parfaitement honnête avec eux (à défaut de l’être avec moi-même), seul peu de gens savent qui j’ai été, qui je suis réellement et ce que je peux devenir.

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments |
03
nov
2009
4

Journal de bord(el)

Lundi 2 novembre : 23h03

J’ai l’impression que cela fait des années que je suis à leur recherche dans cette jungle étouffante. L’atmosphère est oppressante. Je sais que si mes recherches n’ont pas abouties d’ici quatre jour, je vais passer un sale moment. Un très, très sale moment.
Mais bien malgré moi, le chemin que je pensais familier s’avère traître et retors. Je suis certain d’être déjà passé devant ces feuilles-ci… et ce fichu lutin qui me regarde d’un air narquois…

Vais-je vraiment réussir à retrouver mon diplôme du bac et mon attestation de participation à la JAPD avant vendredi dans ce bordel qu’est ma chambre ?

Vous le saurez… peut-être.

Je ne sais pas si ça peut-être affilié à une maladie quelconque, mais je suis de base quelqu’un de TRES bordélique. Bon, on l’a tous été plus ou moins étant petit j’imagine. Sauf que quand nous habitions à la Réunion, nous avions une bonne. Du coup, à l’âge auquel j’aurais du commencer à apprendre à m’organiser un minimum (entre 4 et 8 ans), chaque fois que je rentrais de l’école, ma chambre était rangée. Où est le défi ? Où se trouve l’apprentissage ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est à cause de ça que je suis bordélique. Mon frère en est la preuve vivante : il est organisé, lui. Je te hais.

D’où viens le problème alors ? En fait il y a plusieurs pistes, mais on va en aborder une en particulier (flemme, toussah…). Je me suis rendu compte que depuis mon passage à l’âge « adulte»  (si j’ose dire… en fait j’ose moyen), je ne suis pas aussi bordélique qu’il y parait.
En fait, le bordel ambiant de ma chambre est un peu comparable à un ordinateur. Autrement dit, je fonctionne dans ma chambre comme Windows sur un PC. Je pioche des trucs, que je range là où j’y aurais accès plus rapidement selon le degré d’importance que j’y attache sur l’instant. Comme j’ai une capacité de concentration à peu prêt aussi développée que celle de mon chien (c’est un Golden Retriever de 2 ans… je vous fais un dessin ?), j’ai tendance à TOUT trouver important sur l’instant. Donc TOUT doit être accessible rapidement.

Pour illustrer cette situation, je citerai Jamel Debouzze, qui disait dans son spectacle 100% Debouzze :

« Nan mais si ça t’nait qu’à moi, tout le monde y s’rait au premier rang. Mais faudrait faire des salles de deux kilomètres de long aussi…» 

Ma chambre, c’est le même principe. J’ai tout rangé au premier rang. Du coup, c’est le bordel !
Mais j’ai une mémoire photographique (plus ou moins efficace) qui me permet de savoir où se trouve mes affaires dans tout ce bordel. Ca impressionne souvent les membres de famille que je guide par téléphone interposé, pour retrouver tel ou tel DVD que j’aurai emprunté deux mois plus tôt en oubliant de le remettre à sa place.

Pour reprendre l’analogie à Windows, mon mode de fonctionnement a exactement le même défaut. Quand je veux utiliser des trucs dont je ne me suis pas servi depuis loooonnngtemps, il faut que je déblaye un chemin, puis un autre, puis un autre. Oui parce que j’ai une mémoire photographique, mais pas à rayons X. Donc les trucs enterrés depuis plus de 8-9 mois, j’ai rarement une idée précise de l’endroit où ils peuvent se trouver. Et ça prends du temps.

Donc de temps en temps, je défragmente je range ma chambre, pour optimiser les temps de recherche et donc d’utilisation. Pas compliqué. Si ?
Et je vous interdis de me prendre comme exemple pour expliquer la défragmentation à vos amis, sinon vous me devrez des royalties.

La cause majeure de cette mauvais expérience continue, c’est que je ne sais pas jeter. Vous voyez le truc de la coupelle dans l’entrée, évoqué par Gad Elmaleh (que de comiques célèbres ce soir mes p’tits amis !). Bien ma chambre, c’est juste une putain d’énorme « coupelle-dans-l’entrée» . Et quand on accumule autant d’objets dans une chambre de 8.5m² que dans un appartqement de 30m² occupé par un couple avec des triplés, c’est plus trop évident de tout ranger.

Mais alors dans un environnement « normal» , qu’est-ce que je vaux en terme de rangement ? Et bien j’ai eu l’occasion de vivre cette expérience durant deux bons mois. Et je range réguièrement. Je fais même le ménage. Sans être maniaque hein ! Juste… normal quoi.

Ma conclusion est la suivante : quand j’estime avoir la capacité de le faire et que je vois du bordel, je range. Mais inconsciemment (ou pas), je considère ma chambre comme un cas désespéré. Et le souci, c’est que je range tous mes papiers administratifs dans une boîte, dans ma chambre… y compris mon diplôme et mon attestationde présence à la JAPD…

CQFD.



« Quoi ? Ca fait 15 minutes que tu nous tiens la jambe juste pour nous dire ça ? Vas-y putain j’me casse…» 

19
oct
2009
0

En parlant d’envie tiens…

Je n’ai vraiment rien à dire et pourtant, j’ai comme une folle envie d’écrire. Ca fait pas loin de quinze bonnes minutes que je suis planté devant ma fenêtre qui me crie en vain « Tu vas l’ajouter ton put*** de nouvel article oui ?!» . Simplement, je suis en manque total d’inspiration. Quand je vais relire mon ancien bleurg, je m’impressionne presque d’avoir su écrire tant de choses sans me répéter (trop souvent), et avec un style qui disait très nettement « Ce que vous êtes en train de lire, je l’ai écrit par envie ou par besoin, mais surement pas sous la contrainte» . Je déteste écrire quoi que ce soit sous la contrainte.

Je me souviens assez nettement du jour ou j’ai découvert l’expression écrite en CE1. Bon, j’aimais beaucoup le français à l’époque, même si il ne me le rendait pas forcément (raclure…), mais ce que j’y préférais par dessus tout, c’était cet exercice dans lequel il fallait raconter une histoire à partir de vignettes de bande-dessinée. Au fur et à mesure des années, j’ai découvert à quel point je pouvais être mauvais en grammaire sans pour autant être incapable de parler français correctement (ce qui m’a d’ailleurs souvent amené à me poser la question : à quoi ça sert au juste la grammaire ?). Puis j’ai découvert les commentaires de texte et les dissertations. Et là, je me suis mis à détester le français.

C’est vrai quoi. On nous demande sans-cesse, dans ces exercices, de justifier chacun de nos propos par un exemple ou une démonstration ou tout autre foutu moyen de dire « voilà ce que j’ai compris du message caché de l’auteur, je jure que je n’ai pas copié sur mon voisin m’dame» . Outre le fait que je ne suis absolument PAS quelqu’un d’organisé, je ne supporte PAS qu’on me demande de justifier de quelle façon j’ai compris telle ou telle chose. Il a déjà fallu que je m’y fasse en maths (» Mais enfin monsieur, puisque je vous ai dit que j’ai tout fait de tête !» )…

Aussi me suis-je toujours raccroché jusqu’au bac, à l’épreuve d’écriture personnelle.

Puis est arrivé la philo. D’une part, les dissertations se devaient d’être construites selon UN certain schéma universel (» Thèse, Antithèse, Synthèse» ). D’autre part, non content de diriger nos pensées avec deux barres de fontes posées en parallèle, on est venus les lier avec des lattes de bois et une locomotive en nous disant :

« Alors pour cette dissertation-ci, vous prendrez la direction de Platon, en passant par Socrate» .

…et nos idées à nous ?

Moi qui trépignait d’impatience à l’idée des longs débats que l’on disputerait durant les cours de philo, j’ai été assez déçu par le côté « Ta gueule, c’est pas toi qui pense» . Peut-être suis-je tombé sur la mauvaise prof. Peut-être que ma vision de la chose est complètement erronée. N’empêche que j’ai été profondément déçu.

Bref, si il ressort bien une chose de toutes ces années d’études, c’est que j’ai toujours ramassé des notes entre 3 et 12 quand on me mettait des barrières, et entre 12 et 19 quand on me lâchait la bride. J’ai même failli avoir un 20 l’année dernière, mais la prof m’a confié ne pas avoir voulu le faire parce que « 20 en français, ça n’existe pas» … (oui c’est de la vantardise gratuite, mais c’est aussi un argument dans ma démonstration. Et toc.)

Tout ça pour dire que lorsque je me force à écrire : c’est moche, ça manque de sincérité et c’est tout sauf fluide…

Plus de sujets ? Oui et non.  La plupart du temps, j’écris les choses telles que je les ressens, telles que je les ai vécues. Ca me permet de faire une espèce d’introspection et de comprendre ce qui m’est arrivé en prenant du recul.

Là, j’ai la tête pleine de choses à écrire, suite à un week-end assez chargé en termes d’émotions, mais je n’arrive pas à ordonner les choses, ni vraiment à savoir par où commencer…

Par le début non ?

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments |
28
juil
2009
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Réalité ou fiction ?

C’est un fait, je n’aime pas les gens. Du moins, 80% de ceux que je croise chaque jour dans les transports en commun. Et 99% des gosses (aujourd’hui j’ai voyagé avec une gamine d’approximativement 4 ans qui est restée immobile et silencieuse sur son siège de Ecouen à Paris. Elle n’était même pas morte !). A tel point que quand je me retrouve dans un wagon peuplé, vivant, j’ai énormément de mal à faire autre chose qu’à m’enfermer dans une bulle de son, quitte parfois à ce que ça dérange les gens qui m’entourent (et pourtant, je déteste ça).

Par contre, une fois passé 22h, mon point de vue change radicalement. Je passe de l’agoraphobie légère à la paranoïa. Plutôt que de m’enfermer totalement dans ma bulle, je reste perméable à tout évènement « non-habituel»  qui pourrait se dérouler. En fait je passe clairement en mode « Otaku qui se prends pour un Supa-Hero» . Concrètement, je me tiens prêt à venir en aide à quiconque en aurait besoin, moi compris. Et dans ces cas, mes délires m’amènent généralement sur des terrains ou dans mon imagination, je poutre cinq mecs en même temps, parcequ’ils sous-estiment ma capacité à manier le bâton les bougres.

En fait, je me souviens de cerains moments de déprime avancée dans lesquels je me trouvais certains vendredis, en sortant du badminton. A peine quitté le gymnase, musique dans les oreilles, je n’avais qu’un souhait. Sur les dix minutes qui me séparaient du retour chez moi, j’aurais voulu plus d’une fois que des gens viennent m’emmerder. Pas une mamie qui demande l’heure hein. Juste un connard qui me parle avec un peu de mépris sous prétexte qu’il est avec ses potes, ou alors des mecs qui m’annoncent clairement qu’ils en veulent à mes biens ou à moi-même. Toute excuse était bonne à prendre pour que je puisse enfin extérioriser tout ce que je n’avais pas pu évacuer pendant les matchs. Je cherchais la bagarre en somme.

N’ayant jamais eu affaire à ce genre de situation finalement, je ne saurai jamais si j’aurai été capable de réagir comme je le souhaitais de toute façon. Aurai-je vraiment été capable de me battre alors que je ne sais pas le faire ? Est-ce que, dans le feu de l’action, je n’aurai pas tout simplement regretté toutes les vilaines pensées que je venais d’avoir, pour partir en courant ?

Toujours est-il que désormais je garde des traces de cet état quand je ne me sens pas en sécurité. Et il est clair que quand je prends le train pour Epinay/Villetaneuse à 23h, je ne me sens pas plus en sécurité que ça…

Alors : bête féroce ou gentil minou ?

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments |
07
juil
2009
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Se perdre

Se perdre pour mieux se retrouver.

Pendant assez longtemps, cette expression m’est restée complètement étrangère. Et puis le temps passe, et que je le veuille ou non, je gagne en maturité. Je vis des trucs, qui me font apprendre des choses au travers de machins (entre autres…).

Au final, tout deviens clair. Ou presque.

L’expression peut, tout d’abord, s’appliquer à deux personnes. Ils se sont perdus de vue pour mieux se retrouver ensuite. Ils se sont manqués, donc les retrouvailles sont joyeuses, blah, blah, blah.

Mais alors tout seul ? Par exemple moi quand je me perds, c’est en général pour mieux me retrouver à mon point de départ. J’ai au moins cet avantage, quand je suis perdu, de toujours pouvoir retrouver l’endroit dont je suis parti. Bon, si j’arrive à atteindre la destination souhaité, ma logique veut en général que là par contre, je sois incapable de retrouver le chemin du retour… Et là, en m’écartant à moitié du sujet de départ, je suis en train de vous/me perdre… haha.

Je trouve assez agréable maintenant, d’aller me « perdre»  dans des lieux ou des activités que (par définition), je ne connais pas encore, par pur esprit de découverte, de curiosité, et peut-être même d’aventure (soyons fous)… le propre des découvreurs ? Qui a dit « sérendipité»  ?

Il est également possible de se perdre dans d’autres plans que celui du physique. Dans ses pensées, par exemple. Il n’y a qu’à regarder ma façon de m’exprimer : je parle d’un truc, ce qui m’amène à une chose, puis à une autre, donc à une quatrième (ça aide à comprendre) et de fil en aiguille, je ne sais même plus de quoi je parlais.

Se perdre, pour mieux se perdre juste, à dessein. Pour pouvoir s’évader, oublier. Parmi la foule à contre-sens, avançant à contre-courant, j’évite les gens, écoute mes sens, et cours contre le flot humain qui semble ne rien vouloir faire d’autre que d’aller contre moi. Et pourtant, grain de poussière soulevé par un courant d’air, feu-follet égaré dans la foule, goutte de pluie fuyant la terre pour remonter dans son berceau, je brave les quatre éléments et continue mon chemin, esquivant, virevoltant. Me perdant  pour laisser parler la pensée pure, intuitive, la magie du cerveau droit contre la lourdeur du cerveau gauche. L’instantané face au traitement de fond. La photo face au film. La mort face à la vie.

Se perdre dans ses pensées… c’est à la fois un moyen d’évasion et de remise en question. Mais souvent, il arrive que l’on en ressorte lessivé et pas plus avancé que ça. Alors on est obligé de s’y perdre à nouveau si l’on veut pouvoir s’y retrouver…

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments | Tags : ,
28
juin
2009
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SoliDays 2009

Au départ j’étais pas chaud… Puis le temps passant, je me suis fait à l’idée (comme d’hab). Puis encore, la vie n’étant fait que de « puis»  pas toujours très profonds, la date approchant, j’ai commencé à appréhender.

Finalement, pourquoi est-ce que j’y suis allé ? Flashback.

Me voilà donc embarqué dans une expérience auquel je ne souhaite plus vraiment participer, par manque de motivation, appréhension, manque d’intérêt… mais bon, ce n’est pas comme si on ne s’était pas engagé auprès d’un organisme officiel…

Le matin du premier jour, il pleut. Qui a dit que j’étais démotivé ? Enfin debout, je commence à chercher les restes de mon costume, probablement éparpillés quelquepart dans ma chambre. Objet de la recherche : Un « shorty»  écru, un pantalon vert acide, et une feuille de vigne en mousse. Autant dire qu’il s’agit d’objets assez peu communs et donc retrouvables bien plus facilement.

Ouais… sauf qu’on parle de ma chambre là… au bout d’une heure de recherches, je n’ai réussi à retrouver que mon « shorty» , qui lui était rangé proprement dans mon armoire (évènement suffisament rare pour que l’on puisse se permettre de le noter…). Résultat des courses :

[photos chambre bordel]

Le pantalon et la feuille de vigne n’étaient finalement pas dans ma chambre, puisqu’avec le reste du décor stocké par nos chères fées du vagin.

Le matin du premier jour, j’ai déjà accumulé une heure de stress inutile. Ce qui m’a d’ailleurs mis en retard. Haha ! Mais quel début de programme engageant pour un week-end passionnant !

Le trajet lui, se déroule dans encombre. Suivant les indications pratiques, je décide de passer par la ligne 10, station Boulogne Jean-Jaures, puisqu’elle n’est situé qu’à 500m du lieu du festival.

Donc ça aussi c’est une blague :

Sachant qu’un homme lancé dans une marche à vitesse de croisière atteint la vitesse moyenne de 6 km/h, soit 6000 mêtres en une heure, alors notre sujet (moi), est censé parcourir 500 m en 1/12 heure, soit 5 minutes.

C’est donc pas loin de 30 minutes de marche plus tard que j’atteins enfin l’entrée technique, pour enfin rentrer sur le lieu du festival, et me retaper 10 minutes de marche en sens inverse mais de l’autre côté du grillage.

Le tout avec une petite heure de retard. Zen.

Je vous passe tous les détails de mise en place, d’adaptation de la pièce aux dimensions de la scène, de l’intégration d’interactivité avec le public… Je n’ai jamais été aussi heureux d’insister pour que notre metteur en scène nous accompagne, parce que sans elle, ç’aurait été affreux.

Les premiers préparatifs terminés, nous sommes donc aller manger un brin avant la première représentation « blanche»  histoire de se caler complètement avec le son et le décor. Le premier public ayant l’air enthousiaste et la saynette se déroulant sans (trop d’) accrocs, l’humeur est revue à la hausse et je m’apprête à vivre l’après-midi un peu mieux que la matinée.

Pause d’une heure : quartier libre ! Je me dirige donc tout à fait par hasard (ou pas) sur un stand Guitar Hero qui se trouvais juste à côté du nôtre ! La vie est bien faite… Et en plus il y a un concours ?  « Killing in the name»  en mode moyen Oo ? Mais je n’hésite pas une seconde ! Une performance honorable de 224 000 points vient saluer ma prestation et me propulse en tête du classement de la journée. Mais il est temps de retourner jouer les Adam/Sida. Je délaisse donc la guitare : je serai recontacté si je suis qualifié.

Et la première journée se termine calmement, sur deux nouvelles représentations, le concert de « Debout sur le Zinc» , et quelques SAF en l’agréable compagnie de Leslie et Potemkin.

Je quitte donc le lieu du festival, privilégiant cette fois la navette qui m’emmène au métro 1, direction chez ma poule !

Arrivé à Nation à 20h25, je reçoit un SMS d’un numéro inconnu, qui me dit :

« Vous avez été sélectionné pour la finale Guitar Hero Xbox. Présentez-vous à une hotesse sur le stand pour 20h30″

ha…haha….HAHAHA !!….haha…

Fuck…

Tant pis pour moi.

Le lendemain matin, je suis rôdé. Mon sac est léger, mon parcours fixé. J’arrive en navette, marche 5 minutes jusqu’à l’entrée technique, grimpe dans un petit train qui me pose sur le stand de la région île-de-france comme une fleur. Que demande le peuple ? De la crême solaire !

La deuxième journée se passe à peu prêt normalement. Les représentations se déroule proprement, dont une devant Jean Paul-Huchon. L’ambiance est sereine au sein de la troupe. Je me réinscris au concours de GH (il y a quand même une Xbox 30 et un Bundle complet de GH en jeu…) et améliore mon score de 2000 points (un quasi sans-faute). Sauf que ce coup-ci, une autre personne m’a détroné de 3000 points… Fuck, tant pis pour moi…

Entre temps, la troupe a répondu à une interview pour les ApprentiScène 2009, et j’ai répondu à une interview pour le stand Guitar Hero… les dur aléas de la vie de star en fin de compte… (attention, ceci est de la vantardise gratuite, pure et simple)

La journée se termine une nouvelle fois (si si, faites bien attention, ça arrive tous les soirs). Potemkin et moi quittons le festival direction « La Bodega»  histoire de boire un verre avec des amis. On enchaîne sur un Japonais (je parle évidemment d’un restaurant), puis sur une brève soirée musicale chez l’ami Potemkin (qui devait juste se doucher…). Finalement, on a fini ça chez Eric, devant SSBB jusqu’à 5h30 du matin.

Debout 9h30… dur. Et ce flemmard de Potemkin qui ronfle encore sur le clic-clac. Espèce de spectateur va…

Rangement des affaires et filage à toute allure pour tenter de profiter du saut à l’elastique avant que les autres festivaliers y aient accès. Arrivée sur le site, blahblahblah…

Alors le saut à l’elastique, je pense n’y être allé que pour une seule raison. Parceque Nanie avait encore plus peur que moi et qu’elle voulait être accompagnée pour pouvoir sauter en tandem. Bon, l’autre raison, c’est que je voulais essayer aussi, mais seul je n’aurais pas pu. C’est beau de faire le fier quand on est au sol. Mais debout dans une nacelle sans rambarde, les orteils dans le vide, suspendus à 200 mêtres de haut (ou peut-être juste 50 en vérité, je vous avouerai que j’ai du mal avec les estimations de hauteurs…^^’…), c’est autre chose.

C’est le moment où on se dit que finalement, c’est pas forcément le moment d’apprendre à voler. Ou alors vite, parceque sinon, la chute va être fichtrement douloureuse… Puis l’accompagnateur commence le décompte.

3,

2,

1,

Je crois que pour la première fois de ma vie « d’adulte» , j’ai réellement eu peur. En tout cas, la première fois de ma vie où je ressens une telle émotion que j’éprouve un besoin naturel de l’expulser par le moyen le plus primaire et le plus trivial qui me soit donné : le cri.

Je ne suis pas du genre à savoir exprimer mes émotions de façon physique. En fait, je semble souvent « inerte» , dans des situations qui demanderaient une réaction intense, tout simplement parceque je ne sais pas comment réagir. Et là, pour la première fois  (si on oublie mes cauchemars de gamin), j’ai su tout de suite quelle conduite adopter. Je n’ai probablement jamais exprimé un sentiment avec autant de précision et de naturel. Et rien que pour ça, cette expérience a été unique et le restera probablement pendant très très longtemps.

Puis les représentations se sont de nouveau enchaînées sous un soleil assomant et dans une chaleur sèche crevante. Mais il s’agissait des deux meilleures :) ! Je n’ai jamais pris autant de plaisir à rassembler le public avec mes partenaires de jeu (de théatre, bande de cochons). C’est quand même éclatant d’aller se balader devant le stand en interpelant les gens ci et là avec un micro, en se passant « la balle»  d’un acteur à l’autre ^^… Et puis finalement, un public de festivalier est tellement différent d’un public de théatreux (sans animosité aucune attention). Ca bouge, ça réagit, ça vit… C’est probablement comme ça que notre saynette était la plus à même d’être jouée en fin de compte.

Puis à 18h, je rejoins Potemkin avec qui nous allons assister à la final du « Slam Café» . Bon, moi je ne suis pas trop Slam… au départ, c’était surtout parceque Leslie y participait. Et puis finalement, j’ai pris mon pied… D’abord parce que (si si, il faut le dire) le slam de Leslie était franchement touchant, mais parceque les autres concurrents/intervenants étaient également énormes dans l’ensemble. Et puis Leslie a remporté la final quoi, merde ! C’est pas la classe ça ? J’en ai presque pleuré de joie pour elle, mais elle s’est suffisament bien débrouillé toute seule ;)

Là-dessus, j’ai récupéré mon harnachement et mon costume, direction chez moi, où je vous résume brièvement ce week-end…

Bilan des courses : je suis épuisé, rincé, brûlé par le soleil, présent avec la troupe de « Mario Bosse»  sur la fête de l’huma les 13 et 14 septembre 2009, agacé qu’on m’ai forcé la main mais serein tout de même, pas victorieux une seule fois sur 3 jours de concours Guitar Hero, heureux dans l’ensemble en fin de compte…

J’ai été pris de deux fortes envie d’écrire étant sur place, que je n’ai hélas pas pu coucher sur le papier ou sur un ordinateur. Toutefois, j’ai l’intention de me replonger dans mes souvenirs et de repondre pour bientôt un petit quelque chose. Tenez-vous au courant… ;) .

Ecrit par Archonium dans : Non-sens |
18
juin
2009
0

Idôlatrines

Trop bon, trop con ? Probable. Certain même dans la plupart des cas. Mais est-ce vraiment de la connerie, au fond, de vouloir chercher le bien-être des gens autour de nous ? De vouloir faire un tant soi peu attention à ne pas faire de mal, volontairement ou pas.

« Pourquoi tu fais ça ?» 

Mais parce que j’en ai envie bordel ! Est-ce que c’est si dur que ça de comprendre qu’il n’y a rien à comprendre ?

« Je ne comprends pas» 

Est-ce que c’est si dur de se contenter d’accepter dans un premier temps, et de ne comprendre que plus tard ? Je le fais parce que j’en ai BESOIN ! Parce que j’aime apporter du réconfort quand je le peux. Parce que je souhaite aussi être pardonnable. Parce que je veux qu’on puisse compter sur moi. Pour ma conscience oui, mais aussi pour moi.

Et surtout pour les autres.

« Mais pourquoi tu te soucie des autres ?» 

Est-ce qu’on en est arrivé à un tel point que le moindre accès de gentillesse paraisse déplacé ? Que la moindre touche de respect, où ne serait-ce que de galanterie soit accueillie comme un cadeau sans égal ?

Est-il seulement possible d’être soi-même sans être surestimé pour des valeurs censées communes ? Trop tard, je suis devenu un idéal et je n’ai plus le droit de décevoir.

Pourquoi ? Parce qu’on s’attend à ce qu’un connard fasse un faute. Mais on ne s’attend pas à ce qu’une idôle puisse seulement avoir l’idée de se tromper.

Alors j’essaye tant bien que mal de réparer mes fautes, quand j’aurai pu tout simplement tourner la page et passer à autre chose. J’essaye de ne pas laisser derrière moi que le desespoir, et la prise de conscience que foutre non, la perfection n’existe pas, sauf peut-être dans les rêves de chacun.

Qu’est-ce que j’y gagne ? La satisfaction d’avoir pu donner, redonner, redonner encore le sourire, un brun de joie même fugace auquel se raccrocher quand ça ne va pas.

En contrepartie, je ramasse l’amertume, le scepticisme, les moqueries, les railleries et autres claques dans la tronche que je serais bien en mal de nommer. Des claques de frustration pures.

Juste un sentiment de rejet qui balance à chacun de mes sens l’information suivante : je ne veux pas de ton aide.

Je préfère retourner à mes anciens démons.

Je n’ai pas vraiment d’ami finalement.

La vie était comme je l’avais imaginé : c’est une tartine de merde dont on bouffe un morceau chaque jour.

Ton monde est illusoire. Il n’y a que toi qui puisse y pénétrer et y inviter d’autre gens. Je ne veux plus que tu sois mon guide.

Passeur devant l’éternel, je continue alors de jouer mon rôle de courant d’air, m’arrêtant parfois, tourbillonnant, virevoltant d’une étape à l’autre, en chariant derrière moi mes bouffées de fraîcheur et les distribuant à qui en veut bien. J’interpelle de temps à autre. J’attire des regards, furtifs parfois. Je déçois souvent. Il y a bien une justice finalement. Une espèce de foutue putain de justice qui dit un truc du genre : « Même si vous n’êtes pas tous égaux dans l’adversité, tout le monde mangera sa part de merde. Gros, minces, laids, attirants, avec ou sans lunettes, intelligents, cons à crever, escrocs, bandits, malins, espiègles, paradeurs, arrogants, égoïstes, altruistes, armés de bonnes ou de mauvaises intentions, vous aurez tous droit à votre part de bonheur, mais surtout à votre putain de part d’événements négatifs. Personne n’est à l’abri de ça. Pas même toi cher hôte» 

Va te faire foutre putain de conscience…

Ecrit par Archonium dans : Non-sens, Sentiments | Tags : ,

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