Journal de bord(el)
Lundi 2 novembre : 23h03
J’ai l’impression que cela fait des années que je suis à leur recherche dans cette jungle étouffante. L’atmosphère est oppressante. Je sais que si mes recherches n’ont pas abouties d’ici quatre jour, je vais passer un sale moment. Un très, très sale moment.
Mais bien malgré moi, le chemin que je pensais familier s’avère traître et retors. Je suis certain d’être déjà passé devant ces feuilles-ci… et ce fichu lutin qui me regarde d’un air narquois…Vais-je vraiment réussir à retrouver mon diplôme du bac et mon attestation de participation à la JAPD avant vendredi dans ce bordel qu’est ma chambre ?
Vous le saurez… peut-être.
Je ne sais pas si ça peut-être affilié à une maladie quelconque, mais je suis de base quelqu’un de TRES bordélique. Bon, on l’a tous été plus ou moins étant petit j’imagine. Sauf que quand nous habitions à la Réunion, nous avions une bonne. Du coup, à l’âge auquel j’aurais du commencer à apprendre à m’organiser un minimum (entre 4 et 8 ans), chaque fois que je rentrais de l’école, ma chambre était rangée. Où est le défi ? Où se trouve l’apprentissage ?
Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est à cause de ça que je suis bordélique. Mon frère en est la preuve vivante : il est organisé, lui. Je te hais.
D’où viens le problème alors ? En fait il y a plusieurs pistes, mais on va en aborder une en particulier (flemme, toussah…). Je me suis rendu compte que depuis mon passage à l’âge « adulte» (si j’ose dire… en fait j’ose moyen), je ne suis pas aussi bordélique qu’il y parait.
En fait, le bordel ambiant de ma chambre est un peu comparable à un ordinateur. Autrement dit, je fonctionne dans ma chambre comme Windows sur un PC. Je pioche des trucs, que je range là où j’y aurais accès plus rapidement selon le degré d’importance que j’y attache sur l’instant. Comme j’ai une capacité de concentration à peu prêt aussi développée que celle de mon chien (c’est un Golden Retriever de 2 ans… je vous fais un dessin ?), j’ai tendance à TOUT trouver important sur l’instant. Donc TOUT doit être accessible rapidement.
Pour illustrer cette situation, je citerai Jamel Debouzze, qui disait dans son spectacle 100% Debouzze :
« Nan mais si ça t’nait qu’à moi, tout le monde y s’rait au premier rang. Mais faudrait faire des salles de deux kilomètres de long aussi…»
Ma chambre, c’est le même principe. J’ai tout rangé au premier rang. Du coup, c’est le bordel !
Mais j’ai une mémoire photographique (plus ou moins efficace) qui me permet de savoir où se trouve mes affaires dans tout ce bordel. Ca impressionne souvent les membres de famille que je guide par téléphone interposé, pour retrouver tel ou tel DVD que j’aurai emprunté deux mois plus tôt en oubliant de le remettre à sa place.
Pour reprendre l’analogie à Windows, mon mode de fonctionnement a exactement le même défaut. Quand je veux utiliser des trucs dont je ne me suis pas servi depuis loooonnngtemps, il faut que je déblaye un chemin, puis un autre, puis un autre. Oui parce que j’ai une mémoire photographique, mais pas à rayons X. Donc les trucs enterrés depuis plus de 8-9 mois, j’ai rarement une idée précise de l’endroit où ils peuvent se trouver. Et ça prends du temps.
Donc de temps en temps, je défragmente je range ma chambre, pour optimiser les temps de recherche et donc d’utilisation. Pas compliqué. Si ?
Et je vous interdis de me prendre comme exemple pour expliquer la défragmentation à vos amis, sinon vous me devrez des royalties.
La cause majeure de cette mauvais expérience continue, c’est que je ne sais pas jeter. Vous voyez le truc de la coupelle dans l’entrée, évoqué par Gad Elmaleh (que de comiques célèbres ce soir mes p’tits amis !). Bien ma chambre, c’est juste une putain d’énorme « coupelle-dans-l’entrée» . Et quand on accumule autant d’objets dans une chambre de 8.5m² que dans un appartqement de 30m² occupé par un couple avec des triplés, c’est plus trop évident de tout ranger.
Mais alors dans un environnement « normal» , qu’est-ce que je vaux en terme de rangement ? Et bien j’ai eu l’occasion de vivre cette expérience durant deux bons mois. Et je range réguièrement. Je fais même le ménage. Sans être maniaque hein ! Juste… normal quoi.
Ma conclusion est la suivante : quand j’estime avoir la capacité de le faire et que je vois du bordel, je range. Mais inconsciemment (ou pas), je considère ma chambre comme un cas désespéré. Et le souci, c’est que je range tous mes papiers administratifs dans une boîte, dans ma chambre… y compris mon diplôme et mon attestationde présence à la JAPD…
CQFD.
« Quoi ? Ca fait 15 minutes que tu nous tiens la jambe juste pour nous dire ça ? Vas-y putain j’me casse…»